Ensemble Alia Mens - Olivier Spilmont

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Anno 1714
Du concert spirituel à l'opéra sacré

Prog Bach

Johann Sebastian BACH 1685-1750

Cantate BWV 4 "Christ lag in Todesbanden"
Cantate BWV 182 "Himmelskönig, sei willkommen"
BWV 727 Orgelbüchlein "Herzlich tut mich verlangen"
Cantate BWV 161 "Komm, du, süsse Todesstunde"

Sophie Gent, premier violon - NN, second violon
Julien Martin, flûte à bec - Evolene Kiener, flûte à bec et basson
Lucile Boulanger, viole de gambe - - Julien Léonard, viole de gambe
Jérôme Vidaller, basse de violon - Eulalie Poinsignon, orgue

Jenny Högström, soprano - - Daniel Cabena, alto
NN, ténor - Virgile Ancely, basse

Ensemble Alia Mens
Olivier Spilmont, direction


Le programme « Anno 1714 » offre un point de vue singulier sur le parcours de la première moitié de la vie de Johann Sebastian Bach. Ce programme nous mène du Concert Spirituel à l'opéra sacré.
L'année 1714 est en effet un virage décisif dans la vie et la production du Cantor car il se voit offrir la fonction de Concertmeister de la Cour de Weimar qui lui fait l'obligation, tant désirée, de composer une cantate nouvelle chaque mois . C'est aussi précisément à cette époque que Bach se prend de passion pour la musique ultramontaine qui donnera naissance à la cantate d 'église telle que nous l'envisageons aujourd'hui, c'est à dire une alternance d'arias et de récitatifs privilégiant une expression dramatique procédant du style opératique.
La conception de ce programme donne à entendre en premier lieu la cantate BWV 4 composée en 1707 à Mülhausen, cantate de chorals, qui, unique en son genre, apparaît comme le maillon intermédiaire de l'évolution menant de Schütz aux cantates de maturité de J.S. Bach. Les deux cantates suivantes datent elles précisément de l'année 1714 et sont représentatives d'un changement de conception radical visant à superposer harmonieusement les influences italiennes et l'art contrapuntique hérité (et magnifié) de ses Pères.
Les cantates choisies datant de 1714 (BWV 182 et 161) nous offrent une cohérence supplémentaire par l'emploi d'un même coloris instrumental (flûtes à bec, violons et violes de gambe). Il nous paraît intéressant de voir comment Bach transpose une texture instrumentale héritée de la vieille Allemagne à une nouvelle forme de langage.
La lecture de ces œuvres à un par partie, au delà des querelles actuelles sur cette question, nous semble pleinement justifiée pour ces trois cantates au vu des conditions de création que Bach a connu entre 1707 et 1714.
Le parcours qu'offre ce programme sur une période précise de la vie de J.S. Bach, nous permet de suivre ce compositeur génial dans ses différentes recherches qui mettent à mal toute notion de progrès dans son œuvre, tant le génie est déjà palpable dans ses premières œuvres.
Les modes de pensée qu'il recueille de la vieille Allemagne l'enfonceront peu à peu dans la combinatoire du contrepoint tandis que l'Italie qu'il découvre exaltera en lui le flux de sa veine mélodique et la théâtralité, tout ce dont il finira par réaliser la synthèse sublime.