Ensemble Alia Mens - Olivier Spilmont

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Abendmusik

Prog Bach "Ein feste Burg ist unser Gott" Johann Nikolaus Hanff (transcription)
"Ein feste Burg ist unser Gott" Franz Tunder
"Durch Adams Fall ist ganz verderbt" BWV 637 (transcription)
"Gleichwie der Regen und Schnee vom Himmel fällt" BWV 18
"Ich hab mein Sach Gott heimgestellt" BWV 1113 (transcription)
"Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit" Actus Tragicus BWV 106

Jenny Högström, soprano - Daniel Cabena, alto
Reinoud van Mechelen, ténor - David Witczak, basse
Aira Maria Lehtipuu, violon et alto - Tuomo Suni, violon et alto
Julien Martin, flûte à bec - Evolène Kiener, flûte à bec et basson
François Joubert-Caillet, viole de gambe - Sarah van Oudenhove, viole de gambe
Jérôme Vidaller, violoncelle Eulalie Poinsignon, orgue

Ce programme met en perspective une cantate de Franz Tunder et deux cantates de jeunesse de Johann Sebastian Bach.
Son unité repose sur plusieurs caractéristiques :
Tout d'abord, une cohérence contextuelle et chronologique : ces trois cantates se rattachent à la grande tradition vocale luthérienne, tradition très attentive à rendre la Parole expressive.
La forme de chacune des cantates est conçue comme une succession relativement compacte de choeurs et de soli, à l'image des petits concerts et symphonies sacrés chers à la liturgie réformée allemande. Dans cet esprit, il nous est apparu très naturel de débuter ce « concert spirituel » (Abendmusik) par une cantate écrite par leur initiateur, Franz Tunder.
Ensuite, une autre caractéristique fédératrice du programme réside dans son effectif instrumental. Cet effectif est commun aux trois cantates, il rassemble 2 violons, 2 violes de gambe, 2 flûtes à bec, une basse continue et 4 chanteurs.
Ces combinaisons instrumentales mettent en avant les qualités de coloristes de Bach et Tunder et, bien évidemment, leur culture commune nourrie de symbolique et de rhétorique. Les flûtes à bec étaient associées à l'aulos grec, instrument de deuil dans l'Antiquité (l'Actus Tragicus étant une cantate funèbre et la cantate BWV 18 fut transformée par Bach lui-même en y ajoutant deux flûtes à bec). Quant aux violes, il suffit de voir dans quelles oeuvres Bach les emploie pour comprendre qu'elles servaient fréquemment à dépeindre le repos et le calme après une épreuve.
Enfin, à la lecture approfondie des oeuvres, nous avons souhaité mettre en exergue certains chorals utilisés au sein des cantates en transcrivant nous-mêmes ces mêmes chorals tirés de l'Orgelbüchlein et de l’oeuvre de Johann Nikolaus Hanff écrits pour l'orgue pour l'effectif instrumental dont nous disposons. En cela, nous ne faisons que reproduire une pratique courante utilisée par Bach et Tunder qui euxmêmes ont puisé dans l’oeuvre de leurs prédécesseurs et de Luther les mélodies de choral leur servant de matériau pour construire leur discours.
Cohérence du discours, charge émotionnelle des figures stylistiques choisies, employées en renfort du texte, pertinence des réemplois de matériaux antérieurs, rigueur et symétrie de l'architecture, modestie de moyens, force évocatrice du résultat, comment ne pas voir dans ces cantates un de ces trésors de jeunesse marqué par la grâce du génie ?
Toutes ses caractéristiques sont présentes : respect des règles rhétoriques, emploi pertinent des symboles poétiques et numériques, adéquation rigoureuse de la musique au texte.